Au Moyen Age, le jeton peut se définir comme une petite pièce monétiforme, généralement métallique, servant à calculer au moyen d’une tablette divisée en colonnes selon le principe de l’abaque. Si le jeton n’est pas une monnaie mais un pion à compter, leurs aspects extérieurs ne diffèrent guère. Certes, les types et les légendes des jetons sont plus variés, le module et le poids plus uniformes ; mais les risques de confusion sont grands pour qui n’est pas habitué à manipuler l’une et l’autre catégorie de ces pièces. Des légendes indiquant la nature des jetons sont donc inscrites, mais leur sévère abréviation ne facilite pas forcément leur identification. C’est de cette ambiguïté que vient le proverbe « faux comme un jeton », attesté dès le XIVe siècle en français.
Michel Pastoureau, extrait de l’article « Jetons médiévaux », p.134 du catalogue d’exposition Vrai ou faux au Cabinet des médailles, Paris, en 1981